Nollywood Babylon

Collaborators : Addelman, Ben | Mallal, Samir | Symansky, Adam | AM Pictures (Montreal) | Office national du film du Canada

L'industrie cinématographique du Nigeria, Nollywood, est la troisième en importance au monde et cette implacable force économique et culturelle qui a balayé le continent telle une tempête déborde à présent les frontières de l'Afrique. Le cinéma de Nollywood est né dans les marchés des rues de Lagos, principale métropole du Nigeria. Imperturbables devant les maigres recettes et les budgets plus que modestes, les cinéastes entrepreneurs ont créé un cinéma audacieux, inventif et follement populaire qui a fait de Nollywood l'obsession des Nigérians. Dans ces films, le vaudou et la magie s'amalgament aux récits urbains, illustrant la friction cinétique du mysticisme traditionnel et de la culture moderne dont les Nigérians sont quotidiennement témoins. Le long métrage documentaire Nollywood Babylon relate l'histoire du succès phénoménal de l'industrie cinématographique du Nigeria. Porté par une piste sonore tonitruante de musique africaine underground des années 1970, le film plonge le spectateur au beau milieu du chaos du marché Idumota. Ici, parmi les éventaires bruyants, des films sont vendus et d'improbables vedettes voient le jour, comme Aki et Pawpaw, un duo de comédiens des plus célèbres au Nigeria, rois des rues dont la petite taille est inversement proportionnelle aux gigantesques cotes d'écoute qu'ils obtiennent. Et que dire d'Helen Ukpabio, ancienne membre du culte qui compte aujourd'hui parmi les producteurs les plus réputés du Nigeria et dont les films « d'horreur vaudou » ont attiré une multitude de convertis dans son influente secte chrétienne! Au cœur du film, le cinéaste le plus populaire de Nollywood, Lancelot Oduwa Imasuen, alias « The Guv'nor ». Lancelot, qui à 36 ans a déjà réalisé plus de 150 films, est le maître de la production inspirée tournée à une vitesse folle et imprégnée du flair de la création. Déterminé à « faire de l'argent et à exposer ses positions », il innove véritablement et incarne l'âme du cinéma de Nollywood. Ben Addelman et Samir Mallal, les cinéastes auxquels on doit Discordia (2004) et Bombay Calling (2006), présentent Nollywood Babylon, une vision électrisante d'une métropole africaine moderne, et portent un regard éloquent sur la formidable puissance qu'est le cinéma nigérian.


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Hollywood et les indiens

Le cinéaste cri Neil Diamond pose un regard perspicace et plein d'esprit sur l'Indien d'Hollywood et explore la représentation des Autochtones d'Amérique du Nord à travers un siècle de cinéma. En voyageant au coeur de l'Amérique, et dans le Nord canadien, Diamond explore la façon dont le mythe de l'«Injun» a modelé notre compréhension et notre incompréhension des Autochtones. Hollywood et les indiens retrace l'évolution de l'image des Premières nations au cinéma, de l'époque des films muets jusqu'à nos jours, en présentant des extraits de films classiques et récents, ainsi que des entrevues franches et instructives avec de célèbres cinéastes, scénaristes et acteurs autochtones et non autochtones. Diamond rencontre Clint Eastwood (Le bon, la brute et le truand, Pour une poignée de dollars, Impitoyable) dans ses studios de Burbank en Californie, où la légende du cinéma parle de l'évolution de l'image des Indiens dans les westerns et de la signification du mythe des cowboys et des Indiens pour l'Amérique. Hollywood et les indiens nous permet aussi d'entendre les propos de légendaires militants autochtones tels que John Trudell, Russell Means et Sacheen Littlefeather. Parmi les célébrités figurant dans Hollywood et les indiens, mentionnons Robbie Robertson, musicien et compositeur de bande sonore d'origine juive et mohawk (Raging Bull, Casino, Gangs of new York), l'acteur cherokee Wes Studi (Le Dernier des Mohicans, Geronimo), les cinéastes Jim Jarmusch (Dead Man) et Chris Eyre (Phoenix, Arizona) et les acteurs autochtones acclamés Graham Greene (Danse avec les loups, Coeur de tonnerre) et Adam Beach (Phoenix, Arizona, Mémoires de nos pères de Clint Eastwood). Diamond s'est aussi rendu dans le Nord, à Igloolik, ville isolée du Nunavut comptant 1500 habitants, où il a interviewé Zacharias Kunuk, réalisateur du film Atanarjuat, la légende de l'homme rapide, lauréat de la Caméra d'or. Des critiques de cinéma et des historiens, dont le critique de CBC Jesse Wente, l'auteure et érudite de l'American Indian Studies, Angela Aleiss, et la professeure agrégée en études ethniques du Mills College en Californie, Melinda Micco, apportent un contrepoids à l'humour et à la prestigieuse distribution du film par leurs commentaires pénétrants. Dans Hollywood et les indiens, Diamond sillonne l'Amérique et entraîne le spectateur vers certains des paysages les plus emblématiques du cinéma, notamment Monument Valley, où ont été tournés les plus grands westerns d'Hollywood, et les Black Hills du Dakota du Sud, pays natal de Crazy Horse et berceau d'innombrables légendes du grand écran. D'ailleurs, Crazy Horse a-t-il inspiré le stéréotype du guerrier mythique? À la recherche de réponses, nous avons rencontré ses descendants dans la réserve indienne Pine Ridge du Dakota du Sud, où règne une pauvreté extrême. En retraçant l'évolution de l'image des Premières nations au cinéma, de l'époque des films muets jusqu'à nos jours, Neil Diamond découvre que l'avenir du cinéma autochtone réside dans un endroit des plus invraisemblables, à savoir le Nord canadien. Hollywood et les indiens propose un regard bienveillant sur le cinéma à travers les yeux d'un peuple qui est présent au grand écran depuis la projection des premières images papillotantes et qui a survécu pour raconter ses histoires.

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