Absences
L'absence est une déchirure, un manque. Elle est souvent synonyme de quête et peut revêtir différentes formes, même si on l'associe généralement aux liens familiaux ou amoureux. Comme dans le plus récent film de Carole Laganière, Absences, qui la décline en plusieurs temps. À l'origine du projet, il y a le drame intime de la réalisatrice qui voit sa mère, atteinte de la maladie d'Alzheimer, s'éloigner d'elle à mesure que la mémoire s'efface. Cette appréhension d'une séparation à venir sert de lien avec d'autres êtres que la caméra suit en divers lieux, ici et à l'étranger. Il y a là Ines, une immigrante qui revient en Croatie, son pays d'origine; Deni, un écrivain américain lancé sur les traces de ses racines québécoises, et Nathalie, qui recherche sa sœur disparue. En réunissant ces protagonistes filmés dans leur quête personnelle, la cinéaste ? qui aussi réalisé Vues de l'Est ? explore des territoires intérieurs douloureux où le sentiment de perte côtoie la résilience. Tissant subtilement ses liens, le film est une chaîne de vie qui se construit sur le manque. Un manque à combler, à l'image du vide virginal des chambres d'hôtels toujours prêtes à accueillir les tourments d'une humanité en transit. Absences est une œuvre à plusieurs voix qui a l'infinie délicatesse des émotions humaines.
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