Collaborateurs : Addelman, Ben | Bochner, Sally | Mallal, Samir | Symansky, Adam | Office national du film du Canada

Montréal, le 9 septembre 2002 : au moment où s'amorce la session d'automne à l'Université Concordia, l'annonce de la visite prochaine sur le campus de l'ancien premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sensé prononcer un discours, attise les passions. Le soir même, «les émeutes de Concordia» défraient la manchette internationale, de CNN à al-Jazeera. Écrite et réalisée par Ben Addelman et Samir Mallal, tous deux diplômés de fraîche date de l'Université Concordia, la production de l'ONF suit trois jeunes activistes du campus pendant l'année la plus formatrice de leur vie. Samer Elatrash, fils éloquent et impulsif de réfugiés palestiniens, croise le fer avec Noah Sarna, coprésident de l'association étudiante juive Hillel, étroitement liée à Israël. Au coeur de la tourmente se trouve Aaron Maté, vice-président du conseil étudiant, qui critique vertement les politiques d'Israël, mais dont les parents ont survécu à l'Holocauste. Ensemble, Addelman et Mallal possèdent un héritage culturel des plus riches--hindouisme, judaïsme, islam--auquel ils allient la vitalité de la jeunesse. Ils sautent dans la mêlée armés de leur seule témérité et d'une caméra. Nourris par les compositions de la vedette hip-hop Buck 65, ils tracent un portrait caustique du milieu étudiant et rappellent l'importance de l'ouverture d'esprit.


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Nollywood Babylon

L'industrie cinématographique du Nigeria, Nollywood, est la troisième en importance au monde et cette implacable force économique et culturelle qui a balayé le continent telle une tempête déborde à présent les frontières de l'Afrique. Le cinéma de Nollywood est né dans les marchés des rues de Lagos, principale métropole du Nigeria. Imperturbables devant les maigres recettes et les budgets plus que modestes, les cinéastes entrepreneurs ont créé un cinéma audacieux, inventif et follement populaire qui a fait de Nollywood l'obsession des Nigérians. Dans ces films, le vaudou et la magie s'amalgament aux récits urbains, illustrant la friction cinétique du mysticisme traditionnel et de la culture moderne dont les Nigérians sont quotidiennement témoins. Le long métrage documentaire Nollywood Babylon relate l'histoire du succès phénoménal de l'industrie cinématographique du Nigeria. Porté par une piste sonore tonitruante de musique africaine underground des années 1970, le film plonge le spectateur au beau milieu du chaos du marché Idumota. Ici, parmi les éventaires bruyants, des films sont vendus et d'improbables vedettes voient le jour, comme Aki et Pawpaw, un duo de comédiens des plus célèbres au Nigeria, rois des rues dont la petite taille est inversement proportionnelle aux gigantesques cotes d'écoute qu'ils obtiennent. Et que dire d'Helen Ukpabio, ancienne membre du culte qui compte aujourd'hui parmi les producteurs les plus réputés du Nigeria et dont les films « d'horreur vaudou » ont attiré une multitude de convertis dans son influente secte chrétienne! Au cœur du film, le cinéaste le plus populaire de Nollywood, Lancelot Oduwa Imasuen, alias « The Guv'nor ». Lancelot, qui à 36 ans a déjà réalisé plus de 150 films, est le maître de la production inspirée tournée à une vitesse folle et imprégnée du flair de la création. Déterminé à « faire de l'argent et à exposer ses positions », il innove véritablement et incarne l'âme du cinéma de Nollywood. Ben Addelman et Samir Mallal, les cinéastes auxquels on doit Discordia (2004) et Bombay Calling (2006), présentent Nollywood Babylon, une vision électrisante d'une métropole africaine moderne, et portent un regard éloquent sur la formidable puissance qu'est le cinéma nigérian.

Années scolaires : 4e secondaire | 5e secondaire