Le pouvoir des archives

Collaborateurs : Gray, Hayley | Snelgrove, Teri | Tzadok, Elad | Vercruysse, Shirley | Office national du film du Canada

«Le passé n'est jamais mort. Il n'est même pas passé.» - William Faulkner Le nouveau long métrage documentaire Le pouvoir des archives, qu'ont coréalisé Hayley Gray et Elad Tzadok, met en lumière les archives de communautés de la Colombie-Britannique afin de révéler certains passages qui ont été gommés des dossiers officiels. Le pouvoir dominant détermine bien souvent qui sont les gens et les lieux à exclure des archives et des musées traditionnels. Or, comme le souligne le professeur Henry Yu (Ph. D.), de l'Université de la Colombie-Britannique, «l'action de réduire au silence fait beaucoup de bruit». À l'échelle locale, des gardiennes et gardiens du savoir réparent ces omissions et façonnent une histoire plus inclusive à l'aide de photos de famille, d'articles de journaux et de vieilles cassettes VHS égratignées. Ron Dutton a mis sur pied les BC Gay and Lesbian Archives en collectionnant des tracts de protestation, des affiches et même des plateaux issus des origines de la communauté gaie de Vancouver. Les fondateurs de la petite agglomération industrielle de Paldi et leurs familles ont filmé, en Super 8 et en 16 millimètres, cette remarquable communauté interculturelle située sur l'île de Vancouver. L'anthropologue Imogene Lim (Ph. D.) fait remarquer, au sujet de ces images, que les usines servent à rappeler la présence en ce lieu de communautés asiatiques depuis longtemps disparues. Ces archives d'origines multiples relatent l'histoire des gens que le travail, le jeu, la contestation, la famille et les traditions ont rapprochés. Ce faisant, elles mettent les grandes institutions au défi de revoir leurs perspectives désuètes qui n'englobent plus l'ensemble des aspects de notre vécu commun. À l'Université de Victoria, le service Transgender Archives documente et préserve le passé. Au Musée royal de la Colombie-Britannique, le personnel travaille sans relâche à rectifier les erreurs historiques et à trouver une voie nouvelle vers la justice réparatrice pour les peuples autochtones.  Grâce à un collage composé d'entrevues personnelles, d'images et de séquences d'archives, ainsi que de souvenirs profondément enracinés, le passé, le présent et l'avenir se fondent pour faire émerger un espace où tout le monde est visible et où tout le monde a sa place. Car l'histoire devient ce que, ensemble, nous en faisons.


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WaaPaKe (Demain)

Le documentaire éminemment personnel WaaPaKe (Demain) de Jules Arita Koostachin, Ph. D. soulève une question difficile : «Qui sommes-nous sans notre douleur?» Au fil des générations, la souffrance des survivantes et survivants des pensionnats a irradié et entraîné des conséquences sur les familles et les communautés autochtones. Enfants, parents et grands-parents ont lutté contre ce traumatisme innommé dont témoignent les effets persistants du colonialisme : dépendance, violence morale et relations rompues. Désireuse d'aider les enfants des survivantes et survivants, y compris elle-même et sa famille, la réalisatrice prend la délicate décision de passer devant la caméra et de participer au cercle de vérité. Des membres de sa famille ainsi que de nombreuses voix venues de communautés autochtones à travers l'île de la Tortue se joignent à elle pour accomplir cet acte de solidarité courageux. Chaque parcours est singulier, mais en partageant les expériences vécues, on explore des moyens de créer un espace, d'apaiser le sentiment de chaos et d'ouvrir de nouvelles pistes vers l'avenir. La réalisatrice recourt à une gamme de techniques cinématographiques novatrices - collage, paysages sonores, décoration scénique - afin d'illustrer non seulement les remous intérieurs complexes et profonds, mais les niveaux multiples des histoires racontées, enracinées dans la terre elle-même. Lorsqu'une personne apprend à manifester activement son amour et à rompre le cycle de la maltraitance, ses manières d'être autochtones et sa créativité s'expriment - que ce soit par le cinéma, la poésie ou l'apprentissage des méthodes de chasse ancestrales - et elles jouent un rôle énorme. Dépassant la nécessité d'enterrer le traumatisme intergénérationnel, WaaPaKe (Demain) nous invite à défaire les nœuds du silence et à évoluer ensemble vers la liberté et la force collectives.

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